Bande appart'

18 août 2008

Jeter l'encre (au profit du blog)

ARRIVER (v. intr.) du latin arripare, de ripa => rive
Toucher la rive, le bord. (voir aborder) - Parvenir près du port, au port.
"Mithridate lui-même arrive dans le port", Racine
- fig. Arriver à bon port. (voir Bande appart') [...]
Quasi-citation du Nouveau Petit Robert 2007

       S'il ne fallait pas remercier la maman de Jean-David pour nous avoir conduites jusqu'à l'appartement, on pourrait dire que tout commença au moment où celle-ci ferma la porte sur deux colocs fraîchement débarquées du train dans leur nouvelle habitation : seules entre les murs de ce qui était encore loin d'être "la maison", elles découvraient pourtant l'endroit qui deviendrait leur lieu quotidien.

       L'ennui d'un mur passé au blanc ressemble un peu à son avantage : il sent le neuf, et donc le frais, disent certains ; il ne tient pas encore bien chaud, tout vierge qu'il est d'avoir vécu, d'avoir été regardé une centaine de fois par chacun des membres du trio, jusqu'à effacement de sa nouveauté qui pour l'instant reste bien étrange. Heureusement, petites miettes de familier dans 60m² d'inconnu, une table offerte par des amis, un lit soigneusement bordé par maman, des attentions particulières nous attendent dans chaque pièce de l'appartement - deux muffins qu'un soi-disant coloc nous a laissés sur la table "pour patienter en l'attendant"... C'est arrivé !

Pauline_muffin

       Nous voici enfin dans l'Appart qui donne son nom au blog : tout en muffinant, nous inspectons  chaque recoin de placard, chaque centimètre de balcon, chaque fausse latte du linoléum d'un regard scrutateur. Le bilan est plus que satisfaisant, et nous décrétons les lieux adaptés à la pratique d'une de nos activités favorites : dîner en plein air.

IMG_0496
Test n°1 : réussi !

         Mais les Colocs ont - parfois - mieux à faire que manger : n'ayant pas encore d'accès à la toile (eh oui, par une seule araignée dans ce nouveau chez-nous, bien différent du précédent) les Blogueuses qui sommeillent en nous n'ont pu que fantasmer des articles à venir ; les Danseuses, en revanche, ont décelé dans le salon vide une potentielle salle de quadrille, valse, salsa, twist et autre rock acrobatique... Il n'en fallait pas plus pour enclencher le test n°2 : une inauguration greasante !      


Grease_1

Allez, on la refait avec les moyens du bord !

Grease_2

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19 octobre 2008

Trois djeun's et un appart' ou L'Assomming

Vous l'avez constaté, ce nouveau blog peine un peu à démarrer. Comme pour notre nouveau lieu de vie, il nous faut apprendre à l'apprivoiser, à prendre nos marques. Nos emplois du temps nous occupent bien aussi : Raphaëlle entame courageusement une 3e année de prépa, Pauline découvre la recherche à la fac et les associations étudiantes (théâtre, ciné-club, journaux), Jean-David mène de front licence et travail chez MacDo (sans compter ses nombreuses autres activités ! un jour il faudra faire un reportage là dessus...).

Cependant nous n'avons aucune intention d'abandonner le blog ! Il constitue pour nous un défouloir (pour reprendre l'expression de nos consoeurs) et un lieu de rencontre avec les gens que nous aimons. Avec vous, bien sûr, chers lecteurs, mais aussi un lieu de rencontre entre nos textes et nos dessins, autour de nos aventures communes, d'autant plus important à préserver que, cette année, nos aventures divergent un peu. Nous partageons le même appart', mais plus le même lycée, ni les mêmes profs, ni les mêmes activités. Pas question, donc, de lâcher Band'appart' pour Bande à part  ! La déchéance à la Zola ne nous touchera pas ! quoique...

Gerving_1

Gerving_2

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En effet, autour d'une tasse de thé, nous avons formé le projet de réécrire L'Assommoir... en Chinois ! Ce sera L'Assomming. Tout se passera pendant la conquête de l'Ouest américain, où les immigrants chinois étaient parfois blanchisseurs (cf Lucky Luke).

Gerving_4

Eh oui, on a les délires qu'on peut !

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24 octobre 2008

L'Assomming, la suite

Apparemment, Jean-David se laisse gagner par l'atmosphère du quartier ! La coloc' ne va pas être triste  !

Belles_cuisses

(petite précision : M. Benjamin est le surnom que nous donnons ici au gardien de l'immeuble. Bientôt nous vous présenterons tous nos nouveaux voisins !)

Belles_cuisses_2

Belles_cuisses_3

...

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01 décembre 2008

Nous déclarons ouverte...

... la 2e édition de l'Advent Calender bloguesque, qui devrait améliorer la mise à jour de ce nouveau blog !

L'idée était tellement bonne que la fameuse blogueuse Pénelope Jolicoeur nous l'a piquée ;) en y apportant une amélioration de taille puisque la Croix Rouge s'est engagée à faire un don (proportionnel au nombre de visiteurs) en faveur des enfants qui ne peuvent pas fêter Noël. Alors courez voir (et revenez ensuite !)

Fake

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02 décembre 2008

Les illuminatinons

Joyeuses_F_tes

Pour commencer ce second chocolat, sachez que nous découvrons en même temps que vous le texte ci-dessus... Depuis notre fenêtre, en effet, nous ne voyons cette lumineuse inscription que de dos, et pouvons ainsi y lire tous les matins en sortant de chez nous : "Votez encore pour nous la prochaine fois."

Perspective

Une splendide vue sur l'avenue où nous logeons ; au bout (ou presque), le salvateur RER qui nous relie à la Capitale. Il est malheureux que le froid ait fait trembler la photographe frileuse la brume recouvre abondamment le tout, car sans cela vous auriez pu constater combien les décorations rutillent des mille feux de dizaines d'ampoules électriques réparties en rangées et de trois types différents : jaunes et économiques de sorte à ravir le regard brillant des petits enfants sans pour autant ruiner la municipalité, rouges et plastifiées de façon à former les flocons communistes qu'apercevront ceux qui n'ont pas froid au yeux, et enfin blanches et clignotantes, si bien que personne ne peut les voir ici.

Boules_de_No_l

Première photo de l'un des nombreux Assommoirs de Gentilly (d'autres sont à venir). Mesdames, ne laissez pas Messieurs agrandir l'image d'un clic gauche, car la blondasse peinte sur la vitrine arbore bel et bien ses boules sans la tenue que vous pensez... S'il est déjà trop tard, on enguirlandera le patron pour vous, c'est promis.

Mairie

Et pour finir, quelques plans grelottants de la place de la mairie, sans doute la plus charmante réussite de Gentilly.


Mairie de Noël
envoyé par ventreduchat

AVIS A CEUX QUI ONT DU COEUR :
Ayez conscience qu'une khâgneuse innoncente (même s'il vous semble y avoir ici contradiction dans les termes) est descendue de sa tour d'ivoire de neuf étages expressément pour mitrailler la ville sous les angles dont vous considérez à présent les plus beaux bien au chaud du fond de votre fauteuil. Il faisait froid, il pleuvait, et Monsieur T.H. sortait justement de l'ascenseur quand cette enfant des dictionnaires s'est efforcée d'y rentrer, harassée par son dur labeur. Amis lecteurs, en ces temps de Téléthon, engagez-vous pour une vraie cause : offrez une paire de gants à votre humble servante, délaissée en cette soirée du deux décembre par ses deux colocataires partis respectivement se réchauffer les doigts aux tendres vapeurs huileuses de la frite, et dormir chez une amie afin d'échapper au fracas de la perceuse des voisins - car quoique nous fassions tout notre possible pour vous le cacher, tout n'est pas toujours rose à Gentilly, et les sourires figés de sa population sont un givre qui ne demande qu'à être brisé...

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03 décembre 2008

Monsieur T.H.

     Pendant un déménagement. La scène est divisée en deux parties : sur la gauche, c'est l'extérieur de l'immeuble, que l'on voit en premier et où les personnages évoluent tout d'abord ; par la suite, la partie gauche, restée dans l'ombre, s'éclairera pour révéler l'intérieur de l'ascenceur, où l'une des deux comédiennes attendait en fait, maintenant la porte ouverte pendant toute la première moitié de la sénette.

PAULINE
porte à bras-le-corps un meuble plutôt petit, mais manifestement un peu lourd pour elle, et s'avance pas à pas en direction de l'immeuble ; un petit homme en sort : il s'agit du personnage principal.
Bonjour !

L'homme, l'air préoccupé, passe sans rien répondre.

PAULINE
hausse péniblement les épaules et continue d'avancer vers la porte, quand soudain

LE PETIT HOMME
fait volte-face et se précipite sur Pauline en trottinant à toutes forces, laissant virevolter ses charentaises de part et d'autre de ses jambes vigoureuses, quoique courtes ; il crie d'une voix suraiguë (non, vous n'y êtes pas : plus aiguë encore) :
Mademoiselle ! Mademoiseeeeelle ! Laissez, laissez,... (Pauline, désemparée, lache le meuble.) laissez-moi vous aider !
(Il empoigne maladroitement le meuble et le porte à demi jusqu'à l'ascenceur, qui s'éclaire et où l'on peut à présent voir

RAPHAELLE
s'efforçant de ne pas rire aussi fort que les couinement de l'homme l'incitent à le faire.)
Bonjour Monsieur.

LE PETIT HOMME
(essoufflé) Bonjour Mademoiselle.

PAULINE
(faisant à Raphaëlle un signe entendu qui signifie à peu près "Je te raconterai tout une fois qu'il sera parti.")
Merci Monsieur.

     Tout s'éteint, puis à nouveau l'ascenceur seul s'éclaire : Pauline et Raphaëlle semblent y discuter avec animation de l'homme qu'elles viennent de croiser, puis arrivent au rez-de-chaussée : la partie "hors immeuble" de la scène s'éclaire alors, et elles sortent y ramasser de nouveux objets à transporter tandis que l'ascenseur s'éteint. Lorsqu'elles reviennent y monter, le monsieur s'y trouve à nouveau, venu du sous-sol.

RAPHAELLE
Oh ! On vous dérange encore une fois.

PAULINE
Encore merci pour... le meuble. (Elle hésite devant l'air inquiet du petit homme.) C'est vrai qu'il faut emménager, ça prend du temps, euh... Nous sommes nouvelles ici, je suis Pauline et voici Raphaëlle.

LE PETIT HOMME
(toujours d'une voix suraiguë)
...ah...

RAPHAELLE
Enchantée. (Long silence, gêné pour les unes, angoissé pour l'autre.) Et vous-même ?

LE PETIT HOMME
Je suis Monsieur... (Il leur jette à toutes deux un regard soudain triomphant, en se plaquant contre la paroi.) T.H. !

(Silence catastrophé des deux colocataires, tandis que Monsieur T.H., visiblement rassuré désormais, désigne d'un geste timide le tee-shirt de Raphaëlle.)

MONSIEUR T.H. 
C'est joli, ce... (Il marque une pause et regarde en direction de Pauline d'un air soupçonneux.) Non, mais parce qu'on peut pas toujours...

Les portes s'ouvrent.

RAPHAELLE ET PAULINE
(en choeur)
MerciMonsieurAuRevoirMonsieur.

FIN

   Dès lors, c'en était fini des tranquilles tracas d'un emménagement banal : Jean-David ne devait plus connaître avant longtemps la période de calme où, en l'absence de Pauline et Raphaëlle, il pouvait passer plus d'une heure dans l'appart' sans entendre ses deux colocs' se croiser dans le couloir, se plaquer respectivement contre la paroi, et murmurer fébrilement...

TH

 

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04 décembre 2008

La concierge m'a dit...

M. et Mme. Benjamin sont les gardiens du bouquet d'immeubles où ce trouve notre gîte : nos lecteurs attentifs connaissent déjà un aspect important de leur quotidien, qui consiste à déserter la conciergerie pour aller dans le bistrot d'en face s'en jeter un à la santé des locataires et propriétaires dont ils ont la charge ; dans la mesure où la résidence va des numéros 48 à 51, et que chaque immeuble compte neuf étages, se divisant chacun en trois appartements, cela fait 108 coups de gnôle à se partager - restons décent : entre les quatre membres de la famille.

Car la carte de visite des Benjamin le précise bien : Monsieur et Madame sont fiers d'habiter avec leurs deux fils, qui leur ressemblent fort puisque tous trois sont bâtis sur le modèle suivant (ci-dessous, en habits de fête) :

Benjamins

Mais si Monsieur Benjamin exhale joyeusement et dès huit heures du matin les suaves effluves de la piquette premier prix (rayon du bas chez Franprix, empaquetée en brique de cinq litres pourvue d'un petit robinet en plastique rouge), Madame fréquente un tantinet plus assidûment la guérite vitrifiée assignée aux gardiens, qui leur donne vue sur les allées et venues de toute personne entrant dans la résidence... A commencer par vos blogueuses préférées, puisque nous avons la chance d'habiter justement l'immeuble où se trouve la conciergerie.

Au début, ce n'était pas de tout repos : comme il vous a été donné de le percevoir à notre écriture, nous sommes en effet de bien bourgeois personnages, intellos passant une pleine journée à emménager leur bibliothèque et frimant tous les matins avec un livre à la main, incapables de conduire un camion convenablement ; avec ça un tantinet libertins, puisque tout le monde n'a pas eu la chance de former un ménage à trois à ses vingt ans à peine... Toutes ces tares nous ont valu les regards hargneux et bien-pensants de la brave Mme. Benjamin qui, vous pensez bien, ne se commet pas avec des 'tudiants de la pire espèce.

Fort heureusement, son goût pour le barvardage (mais par-dessus tout, son grand coeur) l'ont récemment amenée à passer outre nos pourtant impardonnables turpitudes, et nous nous trouvons à présent en assez bons termes pour la complimenter sur les décorations de la loge, et médire ensemble des voisines et de leur chienne idiote. En attendant leur portrait, une chanson à propos (dont vous trouverez les paroles ici, sur Bide-et-Musique.com) !

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05 décembre 2008

Nous aurions préféré aux voisines le voisin...

    Puisqu'il y a trois appartements par étage, il a bien évidemment fallu que les pires de nos voisins habitent exactement en face de chez nous... Sans rien exagérer de l'héritage dialectique que nous a fatalement légué la prépa, il nous semble bien que les inconvénients de ce voisinage s'expose idéalement en trois parties :

I - Thèse : Ces gens vivent recroquevillés
     Ils ont un chien bruyant qui salue de ses aboiements vociférants toute personne souhaitant passer par l'étage. C'est ainsi que nous, dernières personnes au monde susceptibles d'avoir le fantasme d'être accueillis au retour de notre dur labeur par les deux pattes solidement plantées dans notre torse d'un canidé bavant de joie, sommes précédés dans notre entrée par le même vacarme que si nous étions un voleur cherchant à s'introduire dans l'appartement. Fort heureusement, les cris canins sont quelquefois couverts par le fracas des perceuses.
     Car ils pratiquent également des travaux n'importe quand : toute la semaine ne saurait suffire à monter les hypothétiques étagères dont ils semblent, depuis le jour même de notre eménagement, vouloir tapisser les murs de leur masure. Inutile de préciser que dimanche matin n'a rien de sacré pour ces forbans du bricolage. Le statu quo est à son paroxysme d'exaspération : nous attendons que le mur de la salle de bain, en bonne voie d'effondrement, s'écroule sur notre baignoire pour que débuttent les pourparlers.
     Mais pourquoi ne pas s'en plaindre à eux directement ? C'est qu'officiellement, ces travaux n'ont toujours pas lieu, n'ayant pas même été annoncés. Car ils ne présentent pas même leurs excuses à ce sujet. Ce n'est pas faute d'avoir eu des exemples : les nouveaux locataires du troisième étage ont poussé la politesse jusqu'à coller dans l'ascenseur une affichette demandant par avance pardon à tous les habitants de l'immeuble pour la gène que devaient occasionner dans l'avenir des travaux dont on n'a jamais entendu le moindre tornicoti de vis. Au neuvième, rien.

     A ce stade, il ne s'agit même plus d'un goût pour l'autarcie : les membres de la famille eux-mêmes pâtissent de ce comportement.

II - Antithèse : Ce n'est cependant pas par amour ni fierté pour leur petite famille
     Pour commencer, aucune fierté ne leur a inspiré l'idée de se présenter : d'aucun diront qu'il n'y aurait pas à en avoir, mais tout de même. Nous en sommes à conjecturer la présence d'un élément mâle - c'est même ce qui nous fait parler d'eux avec un pronom masculin pluriel de troisième personne  depuis le début - sans avoir jamais croisé l'homme que nous supposons porteur de la perceuse à percussion responsable de la mort lente mais certaine de nos tympans à moyen terme.
     Mais en réalité, la famille visible se compose d'une mère, une fille d'une douzaine d'années et deux petites de cinq ans, qui hurlent tout le temps. Nous nous refusons à nous mêler si tôt d'éducation, aussi nous contenterons-nous de suggérer que poursuivre, en effet, une fillette en pleurs pour lui crier après qu'elle est "méchante, méchante, méchante" d'agir ainsi envers sa mère n'est peut-être pas la seule façon de pallier la perversion innée à chaque enfant.
     Et puisqu'on parle d'élevage : eux-mêmes hurlent sur leur chien qui ne leur obéit pas. Car n'allez pas croire que c'est pour avoir exhalé la moindre phéromone de haine à l'égard du quadrupède, que les trois colocs' se voient gratifiés de ses aboiements : à défaut de recevoir suffisamment de coups de pieds où je pense, le chien en question a fort bien compris en quoi consiste la démocratie, et ses propres maîtres sont aussi copieusement insultées que le moindre passant.

     Car cet animal est en fin de compte le plus sensé de êtres vivant dans cette maison, et ne fait jamais que reconnaître en nous les stars à congratuler, et en cette famille, les dégoûtants personnages qu'il convient de vilipender.

III - Synthèse : Il s'agit donc de personnes mesquines et dégoûtantes
     Leur fille aînée est d'ailleurs une conséquence vivante de la bêtise de sa mère. Elle ne dit que "Bonjour.", d'un ton qui vous défie de trouver à redire sur sa maîtrise des codes sociaux : "Moi, dit-elle en même temps, je sais comme une grande ce que c'est que de saluer quelqu'un dans l'ascenseur." Moi, je sais faire taire mes petites soeurs en criant plus fort qu'elles pour qu'elles aient si peur qu'elles ne puissent plus pleurer. Comme une grande.
     Et si les petites ne deviennent pas névrosées, c'est qu'elles seront mortes essoufflées sur le trajet de l'école, où leur mère les conduit tous les matins - en retard. Celle-ci étant assez remarquablement corpulente, elle dévale l'avenue une gamine à chaque main, et cela fait deux fois trois six jambes qui s'agitent à petits pas sous un corps volumineux : une grosse pieuvre agitant frénétiquement ses tentacules pour avancer plus vite.
    En somme, c'est pareil pour leurs chien, qui n'est comme ça que parce qu'ils s'en occupent mal. Et n'allez pas croire que nous avancerions cette affirmation sans preuve déterminante : il suffit, pour la trouver, de remonter un mois auparavant, le jour où il fallut, après des mois de vie parallèle à celle de nos voisins, emprunter l'ascenseur ensemble. Quelle ne fut pas notre surprise lorsque, la porte s'ouvrant sur les aboiements du chien, nous vîmes, au son des rappels infructueux de la mère voisine, exactement ceci : 

Pongo

On doit donc en déduire qu'un tel chien pourrait sans doute être très bête, mais jamais aussi agaçant sans ses maîtres nos voisins.

      La conclusion est sans appel : ce sera un véritable plaisir de leur défoncer les oreilles le soir de la Saint-Sylvestre. En attendant, nous nous contentons d'ourdir contre eux les pires complots, à partir de documents d'études stratégiques dont voici un extrait, là, en dessous.

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06 décembre 2008

La mauvaise réputation

     Après ce rapide tour d'horizon de nos douteuses fréquentations, vous comprendrez mieux ce que nous appelons l'effet Gerving, et qui est en fait notre seul réconfort face à notre dur quotidien... mais ne nous fait pas toujours une belle réputation à nous-mêmes, auprès de nos voisins. Attention : photos choc, âmes sensibles s'abstenir (il y a même une bouteille de vin à l'avant-plan).

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La coloc, morne appart ce soir-là : vos blogueuses en sont à noyer leurs soucis dans le vin - bon vin, à quoi l'on voit que la déchéance n'est pas encore consommée.

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Ce qui l'est plus, c'est ce repas rustique, autre consolation généreusement apportée par les parents de Pauline (avec la bouteille, ce qui nous encourage dans nore vice). Soupe au pesto, pain de campagne et chaoursse puant : le paradis des gueux.

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La boisson aidant, on ne peut pas garder le sérieux bien longtemps, et nous nous résignons à prendre un bon dessert par-dessus le tout, histoire de ne pas se laisser aller.

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"Le quartier trouvait Gervaise bien gentille. Sans doute, on clabaudait sur son compte, mais il n'y avait qu'une voix pour lui reconnaître de grands yeux, une bouche pas plus longue que ça, avec des dents très blanches. Enfin, c'était une jolie blonde, et elle aurait pu se mettre parmi les plus belles, sans le malheur de sa jambe. Elle était dans ses vingt-huit ans, elle avait engraissé. ses traits fins s'empâtaient, ses gestes prenaient une lenteur heureuse. Maintenant, elle s'oubliait parfois sur le bord d'une chaise, le temps d'attendre son fer, avec un sourire vague, la face noyée d'une joie gourmande. Elle devenait gourmande ; ça tout le monde le disait ; mais ce n'était pas un vilain défaut, au contraire. Quand on gagne de quoi se payer de fins morceaux, n'est-ce pas ? on serait bien bête de manger des pelures de pommes de terre."

Emile Zola, L'Assommoir (1877)

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07 décembre 2008

Par la fenêtre

Et ce n'est pas seulement parce que nous avons trop bu : la preuve en images...

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renaud - l'aquarium
envoyé par bisonravi1987

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